Apnée du sommeil : le CHU de Montpellier propose un implant innovant contre les ronflements chroniques

Face aux limites des traitements classiques contre l'apnée du sommeil, l'hôpital Gui-de-Chauliac du CHU de Montpellier propose depuis mai un implant de neurostimulation. Une alternative destinée aux patients qui ne supportent pas le traditionnel masque à pression positive, portée par une équipe du service ORL menée par le professeur Valentin Favier.

Un trouble qui touche un Français sur cinq

L'apnée obstructive du sommeil, qui se traduit par des pauses respiratoires répétées pendant la nuit, toucherait environ 20 % des Français. Pourtant, seuls 4 % d'entre eux bénéficient d'un traitement. Le diagnostic s'appuie sur un enregistrement du sommeil qui comptabilise les épisodes d'apnée ou d'hypopnée par heure : au-delà de 30 événements, le syndrome est considéré comme sévère.

Le traitement de référence reste la pression positive continue (PPC), un masque nocturne qui maintient les voies respiratoires ouvertes en envoyant de l'air sous pression. Il s'agit du dispositif le plus efficace, mais son inconfort et les contraintes qu'il impose poussent une partie des patients à l'abandonner. L'orthèse d'avancée mandibulaire, un appareil dentaire qui fait légèrement avancer la mâchoire, constitue une alternative généralement mieux tolérée, mais moins performante sur les formes sévères.

Comment fonctionne l'implant

Pour les patients en échec ou intolérants aux traitements classiques, le CHU de Montpellier propose depuis mai la pose d'un implant de neurostimulation du nerf hypoglosse, le nerf qui commande les mouvements de la langue. Le dispositif se compose d'un stimulateur miniaturisé, d'une électrode chargée de détecter la respiration et d'une électrode de stimulation.

Pendant le sommeil, le système analyse le rythme respiratoire du patient et déclenche une stimulation synchronisée, qui active les muscles des voies aériennes supérieures pour éviter leur obstruction. Le patient conserve la main sur le dispositif grâce à une télécommande, lui permettant de l'activer au moment de s'endormir et de le désactiver au réveil. Le niveau de stimulation est ensuite ajusté progressivement dans le cadre d'un suivi médical régulier.

Une solution réservée à certains profils

Cette intervention ne s'adresse pas à l'ensemble des personnes souffrant d'apnée du sommeil. Elle reste réservée aux patients présentant une forme modérée à sévère de la maladie, chez qui les traitements conventionnels se révèlent inefficaces ou mal tolérés. Au CHU, l'équipe du professeur Favier et du docteur Thibault Kenel a réalisé ses premières implantations en mai dernier, marquant l'arrivée de cette technologie de neurostimulation dans l'offre de soins montpelliéraine.